Sirènes et plage sauvage en Côte d’Ivoire

J’ai enfin eu la chance de me rendre dans la région de San-Pedro et je compte bien y retourner car je n’ai pas pu visiter comme il se doit la ville et ses environs, faute de temps.

Je t’explique quand même mon aventure. Tu pourras y retrouver des infos pratiques pour savoir comment préparer ton voyage.

Si tu me connais, tu sais à quel point j’aime voyager comme Monsieur tout le monde dans la mesure du possible surtout lorsque je me rends dans un nouvel endroit.

C’est ce que j’ai fait pour ce voyage.

Je m’y suis rendue en car. J’ai quitté la maison à 6h du matin pour la gare d’Adjamé. J’avais un contact à San-Pédro qui m’a conseillé de me rendre à la gare SBTA. Je me rendrai compte à la fin de mon voyage qu’il y a mieux côté qualité.

Arrivée à Adjamé, vers la gare routière plusieurs jeunes hommes ont essayé de me dévier de mon chemin avec des paroles comme : « il n’y a plus de car de SBTA », « la gare est très loin », « on a un car qui part bientôt ». J’ai dû appeler mon contact plusieurs fois. Il a précisé que la gare de SBTA est après celle de Aicha Mory, il fallait juste avancer et ne pas faire attention à ces racoleurs.

J’ai finalement retrouvé l’endroit après des renseignements demandés çà et là.

Le ticket était à 7500 F (environ 11€).

Le car arrive, on s’installe, pas de ceinture de sécurité, des personnes assises dans l’allée et il y a une discussion sur le fait de savoir si un enfant doit embarquer ou pas. Il a un peu moins de 15 ans et doit prendre le car suivant mais s’est retrouvé dans le nôtre, il est seul. Finalement les gens insistent pour qu’il reste, sans l’accord de l’apprenti*. Il s’assoit dans l’allée aussi… Sécurité zéro !

On bouge finalement à 8h18, c’est parti pour 10h de route environ, dans un car climatisé, heureusement, mais très bruyant.

Durant le trajet, un monsieur, une sorte d’animateur parlait de plusieurs sujets, il profitait pour insérer de fausses informations dans les vraies notamment sur le VIH. Il a parlé d’une certaine plante miraculeuse qui empêche d’avoir la maladie. Les gens demandaient plus d’informations et semblaient intéressés.

L’animateur a aussi distribué des bonbons que je n’ai pas du tout aimés, censés protéger de toutes les maladies. C’était un bon marketeur, je l’avoue. Il a pu avoir beaucoup de clients.

Le car marquait des arrêts pendant lesquels les clients profitaient pour faire quelques achats. Je notai ceux qui finissaient de manger et jetaient les déchets dans le car, qui seront certainement les premiers à se plaindre du manque d’entretien des cars…

Le chauffeur conduisait très mal, les gens se plaignaient mais il faisait semblant de ne pas entendre. La route est très mauvaise, avec beaucoup de nids de poule. Ce n’est pas du tout agréable.

J’ai remarqué le plastique partout, il s’insérait dans les paysages, près de grands arbres ou dans les herbes. 

Quel long voyage !!

Il m’a rappelé le trajet Merzouga – Marrakech au Maroc. Je te parlerai de mon road trip au Maroc dans d’autres articles. Cela te donnera sûrement envie de visiter ce beau pays, en plus il n’y a pas de visa pour les Ivoiriens. Si tu es Ivoirien.ne, tu n’as aucune excuse pour ne pas visiter ce pays !

Revenons en Côte d’Ivoire, j’ai du dormir dans le car et me réveiller au moins 4 fois. À un moment, à mon réveil, le car était à l’arrêt, je pensais vraiment que c’était le terminus mais on n’était qu’à Meagui. Il restait encore 1h30 de trajet.

Lorsqu’on voyage en car en Côte d’Ivoire, on note très vite le gros décalage entre Abidjan et le reste du pays : Infrastructures, paysages, moyens de transport, ambiance etc. La Côte d’Ivoire ne se résume pas à Abidjan…

18h06, arrivée à San-Pédro.

J’ai été tout de suite mal à l’aise car l’air était chargé de poussière. J’avais du mal à respirer. La zone de la gare, où il y a les voies principales de la ville est non bitumée, bonjour la poussière !

San-Pedro est une jolie ville avec du potentiel qui semble malheureusement oubliée, pareil que Yamoussoukro, censée être la capitale politique de la Côte d’Ivoire…

Une autre chose vraiment remarquable dans la ville est l’abondance de sociétés en rapport avec le cacao. Tu as l’impression qu’il n’y a que cela.

La plage de San-Pedro n’a rien à envier à celles d’Abidjan, de Bassam ou d’Assinie, une belle plage rocheuse, sauvage.

La nature s’est amusée à la façonner ; à certains endroits, on trouve des piscines naturelles temporaires, apparues grâce aux rochers qui affleurent par endroits.

Près de la plage, on observe une colline qui selon le guide qui était sur place a été nommée la colline Pablo Escobar, je ne suis pas convaincue. Je pense à Pedro de Escobar, du nom d’un des navigateurs portugais à qui on doit le nom San-Pedro.

Le lendemain de mon arrivée, j’ai pu me rendre au marché.

Quelques épices au marché principal de San-Pédro

Visiter le marché principal d’un endroit qu’on découvre est selon moi une activité enrichissante qui permet d’être facilement en contact avec les locaux et de découvrir l’ambiance de la ville.

En plus de la sympathie des commerçant.e.s, j’ai été agréablement surprise par les écrevisses qu’on trouve partout et à très bon prix. Miam ! A Abidjan, c’est un luxe. J’en ai bien profité.

Sur conseils de mon amie @unairdegriot, je me suis rendue le dernier jour à la baie des sirènes de Grand-Béréby. Un vrai paradis !! J’y suis allée en massa*. On trouve ces véhicules sur l’axe principal de la gare. Il suffit de demander, tout le monde connaît la “gare” de Grand-Béréby. En fait, il n’y a pas une vraie gare, le véhicule est garé sur le trottoir et se remplit progressivement, d’autres viennent et partent au fur et à mesure.

La route pour se rendre à la baie des sirènes est très mauvaise. Heureusement le chauffeur du massa était vraiment sympathique.

J’ai payé 1000 FCFA (environ 1,5€) et il m’a déposé devant l’hôtel de la baie des sirènes de Grand-Béréby, qui ne fait pas partie de son trajet normal.

Ma copine m’avait informée qu’il fallait payer 5000 FCFA (environ 8€) pour avoir accès au domaine. Cet argent était déduit de la consommation.

J’ai découvert sur place qu’en weekend c’est le double, 10000FCFA (15€) donc. Du coup, bien que je n’avais pas faim, j’ai dû me débrouiller pour consommer pour pouvoir vraiment dépenser cette somme (oui « mon argent ne reste pas à l’étranger » pour parler comme les Ivoiriens).

Après avoir payé le droit d’entrée, une voiturette est venue me chercher pour le restaurant. On est dans un domaine accidenté de 12 hectares, ce n’est pas évident de se promener à pied.

En faisant la visite, j’ai rencontré Rachid, un employé de l’hôtel qui a été vraiment sympathique. Il m’a prise en photo. L’inconvénient du solo travel… j’ai des selfies ou des photos de paysages, rarement avec ma silhouette car évidemment l’appareil photo est presque toujours entre mes mains.

Le menu du restaurant de l’hôtel est riche et les plats sont relativement aux mêmes prix que dans les restaurants à Abidjan.

Entrées de 5500 à 9000 FCFA (environ 8 à 13 €)

Plats de 6000 à 17500 FCFA (environ 9 à 27 €)

Pizza de 4500 à 12000 FCFA (environ 7 à 18 €)

Cocktails alcoolisés 5000 FCFA (environ 8 €) – sans alcool 3000 FCFA (environ 5 €)

J’ai testé la salade de poisson à la mangue 6500 FCFA (environ 10 €) et le cocktail suissesse 3000 FCFA (environ 5 €). C’était vraiment délicieux !

Ma salade de poisson à la mangue + ma suissesse 🙂

La Baie des sirènes a été construite en 1982 et récemment rachetée et rénovée par PFO-Africa. Le domaine s’étend sur 12 hectares et comprend 60 bungalows et une piste d’atterrissage de 1.3 km pour s’y rendre en petit avion.

Je t’encourage vivement à visiter cet endroit si tu as l’occasion de te rendre dans la zone.  Tout est vraiment très bien pensé, depuis la porte d’entrée jusqu’à la plage, en passant par le restaurant, les chambres etc.

Rachid m’a expliqué un peu le fonctionnement de l’hôtel et l’histoire derrière le nom ”baie des sirènes”.

Il paraît qu’il y avait autrefois 3 sirènes qui étaient dans la zone. Il ne s’agit pas de femmes avec une queue de poisson comme on voit dans les livres pour enfants, mais juste 3 femmes très belles qui sortaient de l’eau. Elles sont même plusieurs fois apparues à des personnes du domaine selon ses dires. Elles ne font pas de mal et apparemment apparaissent pour mettre à l’épreuve certaines personnes. Rachid a rajouté que les fois où elles sont apparues et ont été bien traitées, heureusement, les jours suivants l’hôtel a connu plus d’affluence.

J’ai découvert une chose que j’ignorais complètement, le sable marin lave très bien les bijoux en argent et leur redonne de l’éclat. Merci Rachid pour l’astuce.

Le retour a été un peu compliqué, Rachid m’a aidée pour me rendre jusqu’au carrefour Grand-Bereby, à une septaine de minutes du domaine.

Il y avait un chauffeur du domaine qu’on a croisé en route, qui m’a déposée à ce carrefour.

Puis j’ai pris un autre massa à 500 FCFA (un peu moins d’ 1€), le prix normal pour le trajet San-Pedro – Grand-Bereby. J’avais payé plus à l’aller car le chauffeur avait fait le trajet carrefour Grand-Bereby – hôtel de la baie des sirènes avec moi seule à bord.

Après environ 1h d’attente, nous avons bougé à 19h08.

Petites histoires ivoiriennes :

Une passagère qui disait à son ami venu l’accompagner de ne pas oublier l’argent et elle précisa, « le jour où tu vas envoyer il faut payer les frais aussi ». Le gars de répondre « de payer les frais, tu as raison, ça va t’arranger même » pour dire “je vais t’envoyer l’argent et les frais, pour qui m’as tu pris ?”.

Une des raisons pour laquelle j’aime prendre les transports en commun est bien ce genre de scènes associées à la sympathie des gens et l’humour des ivoiriens. C’est sans prix !

L’apprenti sifflait pour appeler les clients ou disait « Samedro » ou « Saedro » (enfin pas clairement) ou un « venez onhon pati ».

J’avoue que je me serais passée des moustiques qui me mangeaient littéralement les pieds.

Des personnes marchaient le long de la route, sur le « trottoir » de fortune et utilisaient des torches pour signaler leur présence aux chauffeurs.

Nous sommes arrivés à la gare de San-Pedro à 20h41.

Le lendemain matin, j’ai bougé de San Pedro pour Soubré à 11h09 où je devais rencontrer quelqu’un avec qui continuer le trajet vers Abidjan en car. Les gros problèmes se sont produits là.

Je te mets un lien vers ma publication sur Facebook, tu pourras lire les commentaires, si tu es intéressé.e par savoir comment je me suis retrouvée à Abidjan le lendemain vers 15h. Je me suis faite piquer par des punaises dans la foulée en attendant le prochain car pour Abidjan à la gare à Soubré.

Quand tu te fais piquer par des punaises…

Et j’ai compris qu’il faut parfois suivre son intuition, surtout en voyage.

Le lendemain, j’ai pris un car d’une autre compagnie, UTB, c’était le deuxième départ de la journée. Heureusement mon sauveur durant ma péripétie de la veille connaissait le chef de gare qu’il a appelé pour faire une réservation. Je n’aurais certainement pas bouger à 8h16 autrement.

Sur le trajet Soubré-Abidjan, dans le car, le chauffeur a dit une phrase dans le microphone : « Pour ceux qui veulent se soulager, c’est l’occasion » qui m’a fait sourire car on était au milieu de nulle part.

Je pense que des trois compagnies que j’ai pu prendre durant ce voyage, UTB reste clairement la meilleure. Le chauffeur en uniforme dans les couleurs de la compagnie, fait une annonce avant notre départ où il informe les passagers de la limitation de vitesse qu’il respectera. Il était très professionnel. Puisque j’étais assise à la première place je pouvais voir à quel point il faisait attention au confort et à la sécurité des passagers.

Je suis arrivée à Abidjan, à la maison, aux alentours de 15h et j’ai tout de suite pris la décision de retourner à San-Pedro en avion ou en voiture si et seulement si la côtière est remise en état. Certes ce voyage m’a fait découvrir une nouvelle ville et les situations dans lesquelles je pourrais être si je compte visiter la Côte d’Ivoire mais je ne suis pas sûre d’avoir envie de revivre cela.

PS :

j’ai eu la chance de trouver un contact qui vit à San-Pedro, ainsi je n’avais plus à penser au budget pour l’hébergement. Je te conseille lorsque tu voyages en Côte d’Ivoire de soit utiliser tes contacts pour trouver un endroit ou dormir sans payer, soit y aller et chercher sur place, en général on trouve facilement des hôtels convenables à 10000 FCFA ou 15000 FCFA la nuitée, quand on demande un peu aux locaux. C’est tout cela l’aventure !

Les applis comme Couchsurfing, hotels.com ou Airbnb ne sont vraiment pas utiles pour visiter la Côte d’Ivoire, surtout pas dans les zones rurales. Mais si tu as d’autres astuces, n’hésite pas en partager.

Pour aller à San-Pédro d’Abidjan, tu peux prendre l’avion avec Air Côte d’Ivoire ou te rendre en car. Là tu as le choix, les tarifs restent les mêmes.

Billets aller simple (en car, Abidjan – San-Pedro) : 7500 FCFA (environ 11€).

Billets aller-retour (en avion avec Air Côte d’Ivoire, Abidjan – San-Pedro – Abidjan) : 89400 FCFA (environ 136€)

Droit d’entrée par personne, Baie des sirènes Grand-Béréby : 5000 FCFA en semaine et 10000 FCFA en weekend. Tu peux les contacter pour des infos supplémentaires au 77783434

Il y a pas mal de compagnies de transport routier qui font ce trajet. On en a rencontré en chemin : Alito transport, le même Yverson compagnie, Sylla voyages, BG transport,  Hanta transport, SBTA, UTB, Aicha et Mory.

Mais pour avoir expérimenté 3 d’entres elles, je me permets de te conseiller UTB.

Mon ticket de voyage Soubré/Abidjan avec UTB, remarque il n’y a rien à voir avec ceux des autres voyages

Aussi n’oublie surtout pas de prendre tes pièces d’identité. On les présente à l’entrée et à la sortie de San-Pedro, même si je ne sais pas trop à quoi ça sert vu qu’il n’y a aucune sanction quand tu ne les as pas, c’est mieux d’éviter les problèmes.

Ce que tu devrais retenir dans le cas où tu souhaiterais visiter la ville de San-Pedro est que tu dois être préparé.e à être dépaysé.e car, bien que la ville soit considérée comme l’une des grandes villes de la Côte d’Ivoire, rien n’est encore fait, si tu es habituée à la vie à Abidjan, tu ne seras pas forcément à l’aise. Mais selon moi, le voyage qui en vaut vraiment la peine.

En pleine contemplation de la nature.

massa : taxi collectif inter-urbain

apprenti : second du chauffeur de massa qui est chargé de récupérer l’argent chez les passagers

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